La psychothérapie féministe, c’est quoi ?

La psychothérapie féministe n’est pas une méthode et n’est liée à aucune approche particulière. Elle est simplement un regard féministe sur le monde et les relations humaines. Toutes les approches peuvent être utilisées pour faire de la psychothérapie féministe, pour autant qu’elles permettent une relation thérapeutique égalitaire entre client-e-s et thérapeutes.

Pour l’instant, les psys féministes sont rares et presque exclusivement anglophones. Par exemple : Betty MacLellan (Australie) et Dee L. R. Graham (USA).

Betty McLellan - Psychopression

Betty McLellan,
psychothérapeute féministe (Australie)

 Stockholm Syndrome - loving to survive

Loving to Survive: Sexual Terror, Men’s Violence, and Women’s Lives
(théorisation du
Syndrome de Stockholm sociétal)
par Dee L. R. Graham, professeure agrégée de psychologie à l’Université de Cincinnati (USA)

Les approches dans lesquelles la-le thérapeute est dans une position d’expert-e sont contre-indiquées, puisque la psychothérapie féministe consiste précisément à s’extraire de la position dominant-e/dominé-e qui est à la base du système patriarcal. Pour plus de précisions : La psychothérapie féministe, à quoi sert-elle ?

La Gestalt-thérapie est une approche cohérente pour la pratique de la psychothérapie féministe. La relation thérapeutique gestaltiste est une relation égalitaire au sein de laquelle les processus sont travaillés de façon phénoménologique, c’est-à-dire en observant « ce qui se passe », sans interpréter ni prétendre savoir mieux que la personne.

La psychanalyse est contre-indiquée pour la psychothérapie féministe et ceci pour plusieurs raisons. La psychanalyse est une idéologie patriarcale, centrée sur le phallus et la loi du père. La-le psychanalyste se place en position d’expert-e : elle-il pose des interprétations sur ce que pense et dit la personne. La psychanalyse minimise aussi l’inceste paternel et le considère comme étant la responsabilité de la victime. Pour plus de précisions sur ces thèmes : Alice Miller : le complexe psychanalytique de l’Œdipe projette sur l’enfant les désirs de l’adulte et La psychanalyse dévoilée : autisme et théorie sexuelle

Quelques principes de la psychothérapie féministe

Pour les femmes : la psychothérapie féministe permet aux femmes de prendre conscience de l’aliénation patriarcale dans laquelle elles sont enfermées. Cette prise de conscience permet peu à peu de s’identifier en tant que femme, en rejetant les stéréotypes patriarcaux et en ne faisant plus alliance avec l’oppresseur. . Ce travail est fondamental pour traiter d’éventuels troubles psychotraumatiques (ESPT, etc.) liés à la violence masculine.

Pour les hommes : la psychothérapie féministe consiste à faire prendre conscience aux hommes de leur rôle d’oppresseur des femmes, afin de progressivement être capable de reconnaître ces comportements violents et de s’en extraire. Il s’agit d’un long travail avec une remise en question permanente pour que l’homme ne retombe pas dans ces schémas patriarcaux millénaires.

 

 

 


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11 réflexions sur “La psychothérapie féministe, c’est quoi ?

  1. NJ

    Bonjour,
    Je trouve votre approche très intéressante et me demandais si vous connaissiez des praticien-ne-s à Paris qui aurait les mêmes méthodes ?
    En vous remerciant pour votre aide,
    NJ.

    1. Je ne vois votre message que maintenant, c’est la raison pour laquelle je vous réponds si tard.
      Alors non, je ne connais personne à Paris qui utilise les mêmes méthodes.
      Il s’agit d’une pratique relativement récente qui s’est développée grâce à des psys féministes de pays anglo-saxons.
      Peut-être faudra-t-il un peu de temps ainsi qu’une avancée du féminisme pour que cette conception féministe de la psychothérapie se développe dans d’autres pays.

  2. Ping : La violence éducative ordinaire : enfant du patriarcat | Caroline Huens

  3. Ping : A poil avec mes peintures de guerre et en tongs au commissariat de Saint-Gilles… | Caroline Huens

    1. Je n’ai malheureusement aucun ouvrage ou article en français à vous proposer, car les psychothérapeutes féministes sont encore presque exclusivement anglophones.

      La traduction française des ouvrages de Betty McLellan (Psychoppression) et de Dee L. R. Graham (Loving to survive) serait déjà une bonne avancée pour les francophones.

      Cordialement à vous aussi.

      1. Je prends note pour Psychoppression. Loving to survive ne semble pas être disponible en français.
        Je me rends compte que des connaissances venant du féminisme prennent de plus en plus de place dans ma pratique et avec des retours très positifs (c’est d’ailleurs ce qui m’a amenée sur votre site et la découverte très enthousiaste de vos articles).
        Encore merci pour la réponse et les articles.

      2. Merci à vous et très heureuse de savoir que vous intégrez des notions de féminisme dans votre pratique.
        Travailler avec ces connaissances féministes est effectivement puissamment thérapeutique et en même temps un facteur important de changement sociétal.
        Donc merci encore pour vos message et pour votre engagement.

  4. Michel

    Bonjour

    Je suis Psychologue, avec une formation notamment clinique.
    J’aimerais savoir s’il existe des psychothérapeutes féministes en Belgique ou en France. Ce travail est-il facilement accessible pour un homme ?

    1. Bonsoir,
      Je ne connais malheureusement pas de psychothérapeute féministe travaillant avec des hommes en France ou en Belgique.

      Pour ce qui concerne la possibilité pour un homme d’être un psychothérapeute féministe, c’est possible, oui, mais à condition que ce thérapeute travaille exclusivement avec des hommes. En effet, le travail en psychothérapie féministe est totalement différent lorsqu’il s’adresse à des femmes ou à des hommes.

      Pour les femmes, la psychothérapie féministe consiste à les aider à sortir de la domination masculine. Par conséquent, il n’est pas adéquat pour une femme que le thérapeute soit un homme, sinon il y a reproduction du processus de domination masculine qui silencie les femmes en faisant croire que les hommes savent mieux que les femmes dans tous les domaines (mansplaining), y compris que les hommes sauraient mieux que les femmes ce qui est bon pour les femmes ou ce qu’est le féminisme. Autrement dit, un homme qui serait le psychothérapeute d’une femme ne peut prétendre pratiquer de la psychothérapie féministe.

      En revanche, lorsque la psychothérapie féministe s’adresse à des hommes, celle-ci peut être pratiquée à la fois par des femmes et par des hommes, une part de ce travail consistant à faire prendre conscience aux hommes de leurs processus de domination, des privilèges qu’ils en retirent et de leur permettre d’acquérir d’autres modes relationnels avec les femmes en renonçant à leur position dominante (disempowerment) et en renonçant notamment à l’appropriation des femmes par les hommes (male entitlement).

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