Un enfant n’est jamais consentant, l’inceste est un crime

En France, le Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) a lancé le 28 janvier 2014 une campagne de sensibilisation et de prévention « grand public » sur les violences sexuelles à l’encontre des enfants.

Un spot de 35 secondes est diffusé depuis le 21 janvier 2014 pour annoncer la campagne : L’inceste est toujours un crime

Texte intégral du spot : « Cette enfant est comme la plupart des enfants. Sage, obéissante. Elle est toujours à l’écoute des grandes personnes. Toujours en quête d’apprendre de nouvelles choses. Elle fait la fierté de sa famille. Et pourtant …. Et pourtant, elle souffre d’insomnies et de cauchemars. Elle grandira mal, aura des pensées suicidaires et fera sa première tentative à 12 ans. Tout ça parce qu’elle écoute son papa qui lui dit que c’est normal (le père entre dans la chambre de la petite fille), que tout le monde fait ça, et que les papas ont toujours raison …Un enfant n’est jamais consentant. L’inceste est toujours un crime. Changeons la loi. »

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Captures écran du spot

Un enfant n’est jamais consentant
L’inceste est toujours un crime
Changeons la loi 

La campagne du Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) se nomme : « Un enfant n’est jamais consentant. L’inceste est toujours un crime. Changeons la loi ». Elle se constitue de 3 éléments :

Le but de la campagne est de changer la loi en France. Pour l’instant, les enfants incestés doivent prouver qu’ils n’étaient pas consentants, et ceci même s’ils sont tout jeunes (3 ans, 4 ans, 5 ans, etc.). Cette situation est totalement anormale : l’inceste envers un mineur est un crime (pédocriminalité). L’enfant doit être reconnu comme victime et l’agresseur doit être pénalisé.

Que l’enfant doive prouver qu’il n’était pas consentant est préoccupant lorsque l’on connaît les stratégies de « grooming » des pédophiles (mise sous emprise des enfants). Avec de telles stratégies, il est impossible à un enfant de ne pas être mis sous emprise. De plus, le fait de se trouver face à un agresseur crée en eux l’équivalent d’un Syndrome de Stockholm (amour pour l’agresseur). Et de façon générale, les enfants n’ont ni la maturité psychique ni la force physique pour résister à un adulte.

Il est d’autant plus urgent de modifier la loi que l’inceste sur mineur est un facteur aggravant de la pédocriminalité. Le plus grave est l’inceste par le père (les pédocriminels sont quasiment tous des hommes, voir ci-après dans l’article) ou la mère, soit les personne censées aimer et protéger leur enfant.  Au niveau psychique, l’inceste paternel ou maternel créé une faille monumentale, avec rupture définitive de la confiance et manque de sécurité sans fond. Pour cette raison, il faudrait immédiatement enlever l’autorité parentale au parent incestueux et c’est ce que demande également le CFCV.

Dans sa campagne, le CFCV annonce que 1 enfant sur 24 serait incesté, donc 1 enfant par classe (voir l’article de 20Minutes.fr, plus loin). Le Conseil de l’Europe annonce qu’il y aurait 1 enfant sur 5 abusé sexuellement, en majorité par des proches, souvent la famille. Interpol dit que la pédocriminalité se passe essentiellement au domicile, dans les familles. Le CRIFIP (Centre de recherches internationales et de formation sur l’inceste et la pédocriminalité) précise que 96,3 à 99 % des délinquants sexuels sont des hommes. Pour tous ces chiffres, voir le paragraphe sur les enfants dans cet article : La violence envers les femmes et les enfants

Osez le féminisme ! (OLF) relaie la campagne

Depuis le diffusion du spot, le 21 janvier 2014, l’association Osez le féminisme ! (OLF) a relayé la campagne du CFCV sur sa page Facebook : Campagne CFCV

Voici la publication d’OLF qui donne des précisions importantes :

« Aujourd’hui pour qualifier le VIOL par INCESTE [CRIME MASSIVEMENT IMPUNI, qui fait, rappelons-le, partie de la pédocriminalité] il faut établir qu’il y a eu « violence, menace, contrainte ou surprise » même si la victime est un enfant de 5, 6, 8 ans !

Changeons la loi, pénalisons l’inceste pour mettre un terme à ce scandale, aucun enfant ne peut « consentir » à un acte sexuel « avec » un adulte. (voir : http://inceste-changeonslaloi.com/assets/files/DPincesteFINAL_nophone.pdf)

Le CFCV milite également pour le retrait de l’autorité parentale aux parents violeurs, une enquête systématique à la suite d’une plainte pour inceste et la suppression de la prescription. Nous demandons la réinscription de l’inceste dans le droit pénal.

Présent dans le Code pénal depuis 2010, l’inceste a disparu, en septembre 2011, après une décision du Conseil constitutionnel qui estimait sa définition trop «floue». Aujourd’hui, l’inceste, considéré comme une circonstance aggravante du viol, est puni de vingt ans de réclusion criminelle.

A travers cette campagne, le CFCV voudrait également réclamer un allongement des délais de prescription. «Pour la plupart des victimes qui évoquent des faits très anciens, le délai de prescription est souvent passé. Du coup, quand elles se sentent prêtes à agir, on ne peut plus rien faire pour qu’elles obtiennent justice», regrette ainsi la coordinatrice du projet.

http://inceste-changeonslaloi.com/

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Affiche de la campagne CFCV

L’article du Point.fr

Le 28 janvier 2014, le Point.fr publiait un article à propos du lancement de la campagne de CFCV : VIDÉO. Inceste : « Un enfant n’est jamais consentant »

Cet article apporte des informations complémentaires sur cette campagne du CFCV.

Texte intégral de l’article : « Le Collectif féministe contre le viol (CFCV) lance mardi une campagne de sensibilisation et de prévention grand public sur les violences sexuelles à l’encontre des enfants. Le clip, réalisé – bénévolement – par l’agence Paris en Australie, montre une petite fille emmurée dans le secret imposé par l’agresseur, son père, et qui faute d’avoir été entendue ira jusqu’à tenter de se suicider. Le CFCV entend ainsi dénoncer une violence insuffisamment prise en compte, et appelle explicitement à « changer la loi ». « L’inceste est toujours un crime », alerte le CFCV.

Le spot est diffusé alors qu’une réflexion est en cours à l’Assemblée nationale et au gouvernement pour faire évoluer la loi sur l’inceste. La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a en effet annoncé vendredi dernier qu’elle soutiendrait une proposition de loi sur l’inceste, souhaitée par plusieurs groupes de l’Assemblée. La loi du 8 février 2010 avait inscrit pour la première fois dans le code pénal la notion d’actes « incestueux » commis sur des mineurs, mais elle a été censurée en septembre 2011 par le Conseil constitutionnel, au motif que la définition des membres de la famille pouvant être poursuivis à ce titre était trop imprécise.

Deux millions d’adultes victimes d’inceste dans leur enfance

Se disant favorable à un retour sur la question de l’inceste « de façon approfondie » et relevant « la volonté sur tous les bords, en commission des Lois, de travailler à une proposition de loi », la ministre a affirmé à l’Assemblée que « le gouvernement soutiendra l’inscription d’un texte à l’ordre du jour dès qu’il sera prêt ».

Si « l’inceste figure toujours dans le code pénal », « avec un régime particulier qui permet le retrait automatique de l’autorité parentale », Mme Vallaud-Belkacem a relevé que « l’incrimination d’inceste en tant que telle n’y figure plus« . Plusieurs dispositions pénales répriment les viols et agressions sexuelles commis sur des mineurs par un ascendant ou une personne ayant autorité, ce qui est considéré comme une circonstance aggravante, mais l’incrimination d' »inceste » n’apparaît pas. Najat Vallaud-Belkacem a également estimé qu’il faudrait « prévoir explicitement » qu’une atteinte sexuelle sur un mineur et dans un cadre incestueux est « présumée ne pas avoir été consentie ».

Une enquête réalisée en 2009 par l’Association internationale des victimes de l’inceste (AIVI) estimait que près de deux millions d’adultes en France ont été victimes d’inceste dans leur enfance. »

Campagne contre inceste - spot 4 article point.fr

Capture écran du spot de la campagne (tiré de l’article du Point.fr)

L’article de 20Minutes.fr

L’article du 21 janvier 2014 de 20Minutes.fr qui fait suite aux premières diffusions télévisées du spot de la campagne du CFCV : «Dans chaque classe, il y a un enfant victime d’inceste», estime le Collectif contre le viol

Intégralité du texte de l’article :

« VIOLENCES – Alors qu’elle lance une campagne, l’association assure qu’un enfant sur vingt-quatre est victime d’inceste aujourd’hui en France…

«L’inceste est toujours un crime. Changeons la loi!» Ainsi s’achève le petit film de trente-cinq secondes que diffuse, depuis ce mardi matin, le Collectif féministe contre le viol. Actif depuis 1987, le Collectif féministe contre le viol s’insurge contre le manque de moyens déployés pour lutter contre l’inceste. Emmanuelle Piet, docteur et présidente du CFCV, nous détaille cette nouvelle campagne.

Vous assurez que deux millions de Français ont été victimes d’inceste. Mais il n’y a aucune statistique officielle…

La seule étude de référence date de l’an 2000. A l’époque, 11% des femmes se disaient avoir été victimes de viol un jour dans leur vie. La moitié d’entre elles évoquaient des faits remontant avant leurs 18 ans. Aujourd’hui, nous nous basons sur une enquête de l’Association internationale des victimes d’inceste (AIVI) qui, en 2009, a estimé à deux millions le nombre de victimes en France avec l’aide d’un sondage Ipsos. A partir de ces différentes études et en extrapolant, on considère qu’au moins un enfant sur vingt-quatre est ou a été victime d’inceste. Cela signifie que dans chaque classe, il y a un enfant victime.

Dans cette campagne, vous réclamez un changement de loi. De quel ordre?

Le premier point est d’inscrire l’inceste dans le code pénal. Il a disparu du droit en 2011 après une décision du Conseil constitutionnel. Or c’est très important que l’inceste soit considéré comme un crime spécifique et non pas seulement une circonstance aggravante du viol.

Ensuite, nous demandons depuis 1987 un allongement des délais de prescription. 52% des victimes qui composent le numéro vert évoquent des faits subis dans l’enfance et il est alors trop tard pour condamner les auteurs des faits. Notre but est de rendre ces faits imprescriptibles.

La ministre des Droits des femmes a mené une campagne active contre le viol. Mais on l’entend très peu sur l’inceste. Avez-vous des contacts?

Nous avons reçu un mail encourageant de sa part lundi soir. Bien sûr, on va continuer à travailler avec eux pour avancer. J’espère que la campagne télévisée va nous y aider.

Vincent Vantighem »

Campagne contre inceste - spot 4 article 20minutes

Capture écran du spot de la campagne (tiré de l’article de 20Minutes.fr)

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