Votez OUI à l’initiative pour interdire aux pédocriminels de travailler avec des enfants

Le 18 mai 2014, le peuple suisse se prononcera sur l’initiative qui vise à interdire aux pédocriminels (pédophiles passés à l’acte) condamnés de travailler avec des enfants.

L’interdiction de travailler avec des enfants n’empêchera pas les pédocriminels de travailler. Ils ne pourront simplement plus travailler avec des enfants, ce qui semble une évidence pour des personnes ayant agressés sexuellement des enfants.

De nombreux autres métiers existent. D’autant plus, qu’aujourd’hui, les changements et réorientations professionnels sont l’usage, et ceci pour l’ensemble de la population. Alors pourquoi les pédocriminels ne seraient-ils pas astreints à cet usage ? Pourquoi serait-ce si terrible pour eux de changer de profession ?

Ce qui choque les opposants à l’initiative, c’est qu’il s’agit d’une interdiction à vie. Pourquoi sont-ils choqués de cela ? C’est incompréhensible. Ne savent-ils pas que les enfants victimes sont marqués à vie ? Ne savent-ils pas que ces enfants voient leur vie entière détruite lorsqu’ils sont agressés sexuellement par un pédocriminel ?

Alors la vie d’un enfant ne vaut-elle pas un changement professionnel pour un pédocriminel ?

Le 28 mars 2013, Marie-Hélène Miauton (en fin d’article, quelques lignes à propos de l’auteure) a écrit une excellente chronique dans Le Temps. Ce texte remet les pendules à l’heure, notamment en ce qui concerne la désinformation propagée par les opposants à cette initiative : « A vie » par Marie-Hélène Miauton

Voici l’intégralité de cette chronique.

« Le Temps – LA CHRONIQUE Vendredi 28 mars 2014

A vie PAR MARIE-HÉLÈNE MIAUTON

L’initiative de la Marche blanche, toute radicale soit-elle, est un juste retour de balancier après des années de laxisme sur la pédophilie, plaide Marie-Hélène Miauton

Le 18 mai, le peuple suisse se prononcera sur l’initiative de La Marche blanche visant à interdire à vie aux pédophiles d’exercer une activité professionnelle ou bénévole auprès de mineurs ou de personnes dépendantes. Une telle précaution semble tellement évidente et nécessaire qu’on se demande pourquoi elle n’a pas déjà été prévue depuis longtemps et appliquée systématiquement. On s’étonne surtout que le Conseil fédéral fasse la fine bouche et s’oppose à ce texte qu’il juge disproportionné et carrément problématique: trop systématique et sans nuances, il serait contraire aux Droits de l’homme, nous dit la conseillère fédérale chargée de la Justice. A l’inverse, affirme-t-elle, les nouvelles dispositions du droit pénal, qui seront introduites en janvier 2015, apporteront une meilleure réponse, et il suffit donc d’attendre leur mise en vigueur.

C’est pourtant faux car, sous prétexte de proportionnalité, on sait très bien ce qu’il advient des peines prévues. Un rapport psychiatrique… une responsabilité atténuée… un juge peu enclin à punir… et le prédateur échappe à la sanction prévue, ou elle se voit limitée dans le temps. En outre, trop d’exemples récents ont montré les failles qui peuvent survenir dans l’exécution des peines. L’initiative, toute radicale soit-elle, assure que l’interdit sera appliqué, et définitivement. Il est d’ailleurs frappant de constater combien la répugnance du législateur à adopter des mesures assez sévères dans certains domaines du droit, sa «honte à punir» comme disait Foucault, amène à une réaction du souverain qui, évidemment, n’y va pas par quatre chemins. Cela s’appelle le retour du balancier.

Le député Carlo Sommaruga, membre du Comité d’opposition à l’initiative, s’interroge dans une interview dans L’Hebdo du 25 mars: «En matière de violence, un acte de pédophilie est-il plus ou moins violent qu’un assassinat, un meurtre ou des actes de torture?» Oui, Monsieur, il l’est: c’est un assassinat ou un meurtre tant il détruit à long terme la vie d’un enfant, et c’est également une torture physique autant que psychologique. Tout cela perpétré sur un être sans défense, comble de l’abjection. Les discours lénifiants sur la pédophilie qui ont régné après Mai 68 sont définitivement proscrits, et c’est pourquoi l’initiative de la Marche blanche sera sans doute acceptée.

Contrairement à l’internement à vie qui suscite le débat en tant que mesure lourde de conséquences, il ne s’agit ici que d’une interdiction, non pas de gagner sa vie, mais de pratiquer certaines activités professionnelles. Invoquer à ce sujet les Droits de l’homme montre bien l’usage abusif qui est fait de ces principes intangibles. Il semble bien que ce soit l’idée de prendre des décisions définitives qui gêne le législateur. Sous un certain angle, c’est tout à son honneur de ne pas se sentir habilité à exercer une justice irrévocable. Mais, sous l’angle de la protection de jeunes vies, il doit avoir le courage de s’y résoudre, car les victimes, elles, une fois salies, le seront malheureusement à vie. »

Page Facebook de la campagne pour l’initiative

Marie-Hélène Miauton

Marie-Hélène Miauton est une personnalité de la vie publique en Suisse (parti PLR), fondatrice de l’institut de sondage M.I.S.Trend, chroniqueuse hebdomadaire au quotidien Le Temps et auteure du livre « Criminalité en Suisse, la vérité en face » paru le 1er octobre 2013 aux éditions Favre.

Dans cet ouvrage, Marie-Hélène Miauton évoque des drames comme ceux de Lucie, Marie ou Adeline qui ont secoué la société civile et judiciaire suisse. Elle dénonce une forme d’impunité du crime en Suisse et dédie ce livre à Lucie, Marie ou Adeline, victimes de manquements de la justice.

Fiche de l’ouvrage chez Payot : « Après les récents drames impliquant des récidivistes, l’émotion de la population est grande. Ces affaires très médiatisées, qui ne représentent que la pointe de l’iceberg en matière de criminalité, bouleversent, choquent, et amènent aussi à s’interroger sur le système judiciaire suisse. Pour la population, le constat est quotidien : la violence augmente dans notre pays. Certains experts rétorquent qu’il s’agit avant tout d’un sentiment d’insécurité ! Est-ce bien vrai ? En passant en revue les différents problèmes de la justice suisse, Marie-Hélène Miauton tente de répondre à cette question. Elle s’intéresse notamment aux moyens alloués à la police, à la perméabilité de nos frontières, à l’apparente générosité de la justice envers les criminels, à l’utilité des prisons ou encore à la place des psychiatres dans les décisions de justice. Pour comprendre l’actualité, il faut lire ce livre qui dresse un état des lieux, pose les bonnes questions, répond par des faits, cerne les responsabilités et, surtout, propose des réformes. »

Darius Rochebin a fait une excellente interview de Marie-Hélène Miauton à l’occasion de la sortie de ce livre. La voici : Emission « Pardonnez-moi » avec Marie-Hélène Miauton (10 novembre 2013, RTS)

Quelques éléments de cette interview. En Suisse, le criminel est mis au même niveau que la victime. Il faut que l’on protège d’abord la société, avant de réinsérer un criminel.

La Suisse est devenue un havre pour beaucoup de criminels. Mais tout cela est totalement nié par les autorités qui renvoient l’ascenseur à la population, l’accusant d’être trop angoissée, de ne plus supporter la moindre atteinte à ses biens et à ses personnes.

Depuis la réforme du code pénal suisse, les « jours amendes » ont été introduits. Il s’agit d’un monument juridique très contesté qui permet d’éviter les peines de prison. Au final, les peines sont souvent presque nulles. Cette réforme du code pénal avait pour but de ne plus mettre les gens en prison ou d’en mettre le moins possible. En utilisant les sursis et les jours amendes, sur l’ensemble des délits jugés, les peines fermes de prison s’élèvent à environ 12 %.

En Suisse, il n’y a donc que 12 % des crimes qui donnent lieu à une incarcération. Avec ce chiffre, tout le monde comprend qu’en Suisse, vous n’êtes absolument pas puni. De nombreuses anecdotes montrent que les criminels eux-mêmes sont surpris d’être relâchés immédiatement. Les primo-délinquants ne vont pas en prison et ne font pas de préventive. Ils sont simplement relâchés. Lorsqu’ils récidivent, ce n’est donc pas une récidive. C’est pourquoi, ils recommencent un nombre incalculable de fois.

Il n’y a rien de pire que l’impunité. Parce qu’à ce moment-là, autant de ne pas faire de lois. Et si vous ne faites pas de lois, vous n’êtes plus un état de droit.

Avec l’affaire Adeline, la population a pris conscience de cette culture profonde qui a permis à ce tueur de préparer son coup (même d’acheter l’arme du crime : un couteau pour curer les sabots des chevaux) et d’avoir accès à des prestations inimaginables. On s’est aperçu que la loi n’était plus respectée dans ces établissements. Il faut maintenant faire respecter la loi.

Il faut prendre très au sérieux le calcul de la dangerosité d’un délinquant. Lorsque des délinquants présentent une dangerosité pour la population, il faut retarder le plus possible le moment où ils sont relâchés.

Le laxisme envers les criminels dangereux, ce n’est pas l’opinion dominante des peuples. C’est uniquement l’opinion dominante des experts, des professeurs de droit pénal dans les universités, etc. Les peuples ont du bon sens et savent ce qu’est une protection. Si on les écoutait, ça ne se passerait pas comme cela.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s