Les violences sexuelles faites aux enfants : STOP AU DÉNI

Le 1er mars 2015, l’association Mémoire traumatique et victimologie publiait le rapport d’une grande enquête sur les violences sexuelles intitulée STOP AU DÉNI : Rapport d’enquête 2015

« Rapport d’enquête » et « synthèse du rapport d’enquête »

Stop au déni - rapport 2015 Stop au déni - synthèse rapport 2015

(à télécharger sur la page du rapport 2015)

Soutenue par Unicef France dans le cadre de la campagne internationale ‪#‎ENDViolence, l’enquête a été menée de mars 2014 à septembre 2014 sous la direction de la Dresse Muriel Salmona, psychiatre, psychothérapeute, victimologue et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie.

L’enquête STOP AU DÉNI est basée sur un questionnaire de plus de 180 questions auquel plus de 1’200 victimes de violences sexuelles (dont 95 % de femmes) ont répondu, souvent avec de longs témoignages.

L’enquête a révélé que les enfants sont les principales victimes des violences sexuelles puisque 81% des victimes de violences sexuelles sont des mineur-e-s (majoritairement des filles) : 1 victime sur 5 a été violée avant 6 ans, 1 victime sur 2 a été violée avant 11 ans.

L’enquête a également révélé que 96 % des agresseurs sont des hommes, 94 % des proches, 1 enfant sur 2 est agressé par un membre de sa famille et 1 agresseurs sur 4 est mineur, donc 3 agresseurs sur 4 (75 %) sont des adultes (pédocriminalité).

L’enquête a démontré les lourdes conséquences sur la santé mentale et physique des victimes, ainsi que les risques de suicide (1 victime sur 2 a tenté de se suicider) et les risques de grossesse (1 grossesse sur 5 « consécutive à un viol » affecte une mineure).

L’enquête a aussi démontré la loi du silence et le déni de ces violences sexuelles, puisque 83% des victimes interrogées déclarent n’avoir jamais été protégées et 67% des répondant-e-s qui ont porté plainte (donc intervention de la police) n’ont bénéficié d’aucune mesure de protection.

L’enquête révèle que seules 4% des victimes agressées dans l’enfance indiquent avoir été prises en charge par l’Aide sociale. Parmi celles qui ont porté plainte : 66% de celles qui avaient moins de 6 ans au moment des faits déclarent « n’avoir jamais été protégées », de même que 70% de celles entre 6 et 10 ans et 71% de celles entre 11 et 14 ans.

« Les violences sexuelles faites aux enfants »

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Infographie STOP AU DÉNI

(à télécharger sur la page du rapport 2015)

Liens et publications

Voici un grand nombre de liens et publications concernant l’enquête STOP AU DÉNI.

Le site de l’enquête : STOP AU DÉNI

Sur le site de l’enquête STOP AU DÉNI, la page de la campagne 2015 (un excellent résumé, avec une synthèse et des liens) : Campagne 2015

La page de l’Unicef France : Violences sexuelles faites aux enfants : stop au déni !

La chaîne officielle (sur Dailymotion) de la campagne de sensibilisation STOP AU DENI, pour la prise en charge médicale et judiciaire des victimes de violences sexuelles : STOP AU DENI – LES SANS VOIX

Vidéo « Rendez-vous le lundi 02 mars 2015 de 9h à 18h, salle Clemenceau au Palais du Luxembourg (16 rue de Vaugirard, Paris 75006) pour assister au Colloque de l’association Mémoire traumatique & victimologie, en partenariat avec l’UNICEF » : MEMOIRE TRAUMATIQUE COLLOQUE : 2 MARS 2015 AU SÉNAT

Message de Muriel Salmona (1er mars 2015) à propos de cette vidéo : « Afin d’inciter les pouvoirs publics à mettre en place en urgence un plan d’action visant à améliorer la prévention, ainsi que l’accompagnement et le soin des victimes de violences, l’association organise, avec le soutien de l’UNICEF, le colloque « Enquête de reconnaissance » qui se tiendra demain (le 2 mars 2015) au Palais du Luxembourg. De nombreux intervenants prestigieux seront présents, dont Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, Michèle Barzach, présidente de l’Unicef France, Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty France, et Christopher Mikton, rapporteur de l’Organisation mondiale de la santé. »

Le premier article sur l’enquête publié par 20Minutes.fr le 1er mars 2015 : «Plus les violences sexuelles ont lieu tôt dans l’enfance, plus leurs conséquences peuvent être lourdes à l’âge adulte»

Article publié par RTL le 1er mars 2015 : Le déni des violences sexuelles de l’enfance, un « scandale » de santé publique

Article publié par Huffington Post le 1er mars 2015 : Violences sexuelles: 81% des victimes sont des mineurs, 94% des agresseurs sont des proches, selon une enquête soutenue par l’UNICEF

Article publié par FranceInter.fr le 1er mars 2015 : Comment se reconstruire après des violences sexuelles

Article publié par Libération le 1er mars 2015 : Déni des violences sexuelles de l’enfance: un «scandale» de santé publique

Article publié par Le JDD le 1er mars 2015 : Enfants violés, marqués à vie

Article publié par Ouest-France le 1er mars 2015 : Société. L’accablante enquête sur les violences sexuelles

Article publié par Metronews le 1er mars 2015 : Les conséquences dramatiques du déni de violences sexuelles sur les enfants

Article publié par My TF1 News le 1er mars 2015 : Violences sexuelles pendant l’enfance : une étude donne l’alerte

Article publié par Le Parisien le 1er mars 2015 : Ce que deviennent les victimes de violences sexuelles

Article publié par France Soir le 1er mars 2015 : Violences sexuelles: en France, 81% des victimes sont mineures (VIDEO)

Article publié par Europe 1 le 1er mars 2015 : Les lourdes conséquences des viols subis dans l’enfance

Article publié par L’Express le 1er mars 2015 : En France, 81% des victimes d’abus sexuels sont mineures

A recommander particulièrement. Article publié par Libération le 2 mars 2015 : Violences sexuelles faites aux enfants : une urgence humanitaire par Michèle Barzach, présidente de l’Unicef France, et Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie. Vu son intérêt, cet article est retranscrit intégralement ci-après.

Vidéo du 2 mars 2015 de BFMTV (dans Hondelatte Direct) : La mémoire traumatique, « véritable torture » des victimes de violences sexuelles (transcription complète de la vidéo ici)

Vidéo du 2 mars 2015 de France 5 (dans Les Maternelles) : Dr Muriel Salmona – Violences sexuelles : quelles séquelles à l’âge adulte ? (transcription complète de la vidéo ici)

Article publié par Paris Match le 2 mars 2015 : Le fléau de l’ombre – Violences sexuelles faites aux enfants

Article publié par Santé Magazine le 2 mars 2015 : Violences sexuelles pendant l’enfance : comment aider votre conjoint[e]

Article publié par Le Journal des femmes le 2 mars 2015 : Violences sexuelles : et après ?

Article publié par AlloDocteur.fr (France 5) le 2 mars 2015, avec vidéo de l’émission dont l’invitée est Michèle Barzach, présidente de l’Unicef France : Enfance : seules 4% des victimes de violences sexuelles prises en charge

Extrait : « Seules 4% des victimes agressées dans l’enfance indiquent avoir été prises en charge par l’Aide sociale. Parmi celles qui ont porté plainte, 66% de celles qui avaient moins de 6 ans au moment des faits déclarent « n’avoir jamais été protégées », tout comme 70% de celles entre 6 et 10 ans et 71% de celles entre 11 et 14 ans. « Il est urgent que les pouvoirs publics mettent en œuvre les moyens nécessaires pour protéger, accompagner et soigner efficacement les victimes afin d’enrayer le cycle infernal des violences », souligne le Dr Muriel Salmona. »

Article publié par Madmoizelle.com le 3 mars 2015 : « Stop au déni » interpelle sur les violences sexuelles qui touchent les mineurs

Article publié par RFI le 6 mars 2015 : Les violences sexuelles

Retranscription article « Les violences sexuelles faites aux enfants : une urgence humanitaire »

Voici l’article publié par Libération le 2 mars 2015 : Violences sexuelles faites aux enfants : une urgence humanitaire

Cet article de Michèle Barzach (présidente de l’Unicef France) et Muriel Salmona (présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie) donne un excellent résumé de l’enquête STOP AU DÉNI.

Retranscription complète de l’article :

« 81 % des victimes de violences sexuelles ont subi les premières violences avant l’âge de 18 ans. La quasi-totalité des enfants victimes développeront des troubles psychotraumatiques.

Les récentes études internationales de l’UNICEF et de l’OMS et notre enquête menée en France convergent dans le terrible constat d’une insuffisante reconnaissance et prise en charge des violences sexuelles subies par les enfants.

De toutes les violences sexuelles, celles qui touchent les enfants font partie des plus cachées. Chaque année, nous dit-on, 102 000 adultes sont victimes de viols et de tentatives de viol (86 000 femmes et 16 000 hommes) en France, mais on ne nous parle pas des victimes mineures pourtant bien plus nombreuses, estimées à 154 000 (124 000 filles et 30 000 garçons) (1). Dans le monde, 120 millions de filles (une sur dix) ont subi des viols, et la prévalence des violences sexuelles est de 18 % pour les filles et de 7,5 % pour les garçons (2).

Selon les résultats de notre enquête Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte, conduite auprès de plus de 1 200 victimes par l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, et présentée le 2 mars 2015 avec le soutien de l’UNICEF France (dans le cadre de son action internationale #ENDviolence) : 81 % des victimes de violences sexuelles ont subi les premières violences avant l’âge de 18 ans, 51 % avant 11 ans, et 23 % avant 6 ans (3).

Des enfants condamnés au silence

Alors qu’ils sont les principales victimes de ces délits graves et de ces crimes (68 % de viols dans notre enquête), moins de 20 % déclarent avoir été reconnus comme victimes et protégés, et 30 % en cas de plainte, à peine plus. Les enfants sont d’autant plus pris au piège, condamnés au silence et abandonnés que 94 % de ces violences sont commises par des proches, et 52 % par des membres de la famille. Les agresseurs – essentiellement des hommes dont le quart sont des mineurs – bénéficient presque toujours d’une totale impunité.

Or, les violences sexuelles font partie des pires traumas, et la quasi-totalité des enfants victimes développeront des troubles psychotraumatiques. Ces traumas ne sont pas seulement psychologiques mais aussi neuro-biologiques avec des atteintes corticales et des altérations des circuits émotionnels et de la mémoire à l’origine d’une dissociation et d’une mémoire traumatique.

Faute d’être reconnus et soignés, ces enfants gravement traumatisés développent des stratégies hors normes pour survivre aux violences et à leur mémoire traumatique qui — telle une machine infernale à remonter le temps — leur fait revivre à l’identique ce qu’ils ont subi, comme une torture sans fin. Ces stratégies de survie (conduites d’évitement et conduites à risque dissociantes) sont invalidantes et à l’origine de fréquentes amnésies traumatiques (34 %). Traumas et stratégies de survie s’installent dans la durée si la mémoire traumatique n’est pas traitée de façon spécifique, ils vont gravement impacter la santé et la qualité de vie des victimes, et les exposer à des revictimisations (7 victimes sur 10 ont subi des violences sexuelles à répétition).

Un risque de mort précoce

Les conséquences sur la santé à long terme seront d’autant plus graves que les victimes ont subi un viol, alors qu’elles avaient moins de 11 ans, et qu’il s’agissait d’un inceste : risque de mort précoce par accidents, maladies et suicides (selon l’enquête, elles sont 45 % à avoir tenté de se suicider), de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, de diabète, d’obésité, d’épilepsie, de troubles psychiatriques, d’addictions (pour 48 % des victimes), de troubles de l’immunité, de troubles gynécologiques, digestifs et alimentaires, de douleurs chroniques, etc.

Avoir subi des violences dans l’enfance est le déterminant principal de la santé 50 ans après et peut faire perdre jusqu’à 20 années d’espérance de vie si plusieurs violences sont associées (4).

Le manque de formation fait que, face à un enfant en souffrance, suicidaire, se mettant en danger, peu de professionnel-le-s s’interrogent sur ce que cache cette détresse, ou pensent à lui poser des questions pour savoir s’il a subi des violences (ce qui devrait être systématique lors de tout entretien). Les symptômes des enfants sont fréquemment banalisés, mis sur le compte de la crise d’adolescence, où sont, à l’inverse, parfois étiquetés comme des déficiences ou des psychoses, et font l’objet de traitements dissociants qui ne font qu’anesthésier la souffrance (5).

Un plan global de lutte contre les violences faites aux enfants

Pour les victimes, la non-reconnaissance de leurs psychotraumatismes est une perte de chance car une prise en charge adaptée leur permet, en traitant leur mémoire traumatique, de ne plus être colonisés par les violences et les agresseurs, d’activer une réparation neurologique et d’en stopper les conséquences.

Il est essentiel de protéger les enfants de toutes les violences et d’assurer le respect de leurs droits fondamentaux. Il faut garantir aux enfants victimes l’accès à la justice et à des réparations en améliorant les lois et les procédures, et un accès rapide à des soins spécialisés gratuits.

Nous réclamons la mise en place d’un plan global de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants, avec des campagnes d’information, une formation de tous les professionnels concernés et la création de centres de soins spécifiques. Sortir du déni, protéger et soigner les enfants victimes de violences sexuelles est une urgence humanitaire et de santé publique.

(1) INSEE-ONDRP, enquêtes Cadre de vie et sécurité de 2010 à 2013.

(2) rapports 2014 de l’UNICEF et de l’OMS

(3) rapport consultable sur les sites stopaudeni.com et memoiretraumatique.org

(4) FELITTI Vincent J., ANDA Robert F., 2010, et BROWN David W., 2009.

(5) SALMONA M., Le livre noir des violences sexuelles, Dunod, 2013.

Liste des cosignataires :

Anne Hidalgo Maire de Paris, Geneviève Avenard Défenseure des enfants, Adjointe du Défenseur des droits, Dominique Versini Adjointe à la Maire de Paris, chargée de toutes les questions relatives à la solidarité, aux familles, à la petite enfance, à la protection de l’enfance, à la lutte contre l’exclusion, aux personnes âgées, Frédéric Worms Professeur de philosophie à l’Ens, Dominique Attias Avocate, membre de la Commission Enfance en France de l’UNICEF France, Isabelle Thieuleux Avocate, Dre Monique Martinet Neuro-Psychiatre Pédiatre, Présidente – Conseiller Scientifique AIR – AIRMES, Dre Noémie Roland, médecin généraliste, Dr Gilles Lazimi Médecin du CMS de Romainville, maître de conférence en médecine générale à l’Université Pierre et Marie Curie, Sokhna Fall Thérapeute familiale, Victimologue, ethnologue, vice-présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, Hélène Romano Docteur en psychopathologie clinique, psychologue clinicienne et psychothérapeute spécialisée dans le psychotraumatisme, Jean-Fabrice Pietri Chef de mission, Médecins sans frontières France, Jean-Pierre Salmona Cardiologue, trésorier de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, Laure Salmona Rédactrice du rapport d’enquête «Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte», Geneviève Garrigos Présidente d’Amnesty France.

Michèle BARZACH présidente de l’UNICEF France et Muriel SALMONA psychiatre, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie »

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