La sidération traumatique : une victime paralysée et dissociée pour survivre à l’effroi

« Pour ne pas mourir, la victime se dissocie de son propre corps Ce que décrit la plaignante [procès de Georges Tron], c’est ce qu’on appelle, en psychiatrie, l’état de sidération. En réaction à l’angoisse extrême subie lors d’un viol ou d’une violence, certains mécanismes de défense entrent en jeu. La victime est tétanisée, ce qui lui permet de diminuer sa souffrance physique et psychique, selon la psychiatre Muriel Salmona. La personne, ainsi paralysée, ne peut réagir. Ce sont des « réactions neurobiologiques normales du cerveau face à une situation anormale, celle des violences », précise le Dr Salmona. » (Allodocteurs, 2017).

La sidération est un mécanisme psychique de survie qui s’enclenche dans les situations terrorisantes (effroi) et de non-sens absolu (confusion extrême), soit des situations qui dépassent l’entendement (Marinette, 2016a) en matière de violence et de sens. C’est le cas des violences sexuelles qui font effraction dans la partie la plus intime de la personne. Également lorsque la victime est piégée, enfermée avec son agresseur, sans aucune possibilité de fuite, forcée de rester avec lui, pour des raisons d’emprise (pédocriminalité, violence conjugale, etc.), d’environnement (lieu isolé, etc.) ou de contexte (inceste, travail, etc.). Les agresseurs savent parfaitement utiliser la sidération en terrorisant leurs victimes et en leur tenant des propos insensés/pervers pour les réduire à néant, à l’état de pantin, de marionnette, avec qui ils pourront faire ce qu’ils veulent. Autrement dit, les agresseurs recherchent cette sidération pour pouvoir agir à leur guise et même accuser ensuite la victime, en privé ou dans un procès, de n’avoir pas réagi. (Salmona, 2013b, Marinette, 2016b, Allodocteurs, 2017).

Témoignage de Marine Périn

Sur sa chaîne Youtube, la journaliste féministe Marine Périn a réalisé 2 vidéos remarquables sur la sidération, avec son témoignage et une longue interview de Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie. La 1ère vidéo s’intitule « Violences sexuelles : la sidération psychique » (Marinette, 2016a). La seconde vidéo s’intitule « La sidération : pour aller plus loin » (Marinette, 2016b)

Marine Périn a elle-même été confrontée à la sidération lors d’une agression. Voici la transcription de son puissant témoignage qui décrit de façon très précise comment se passent la sidération (paralysie) et la dissociation (déconnexion) déclenchées par des situations de violences, notamment des violences sexuelles. Nous pouvons ainsi appréhender la sidération au moyen de « la sidération vécue de l’intérieur » (Marinette, 2016a), ce qui, me semble-t-il, est la meilleure façon pour comprendre ce mécanisme qui empêche les victimes de se défendre ou de fuir leur(s) agresseur(s).

En ce qui concerne linterview de Muriel Salmona par Marine Périn, il est intégralement retranscrit ici (Kuhni, 2017b).

Témoignage de Marine Périn (Marinette 2016a, min. 0.45) : « Donc j’ai été agressée. C’était il y a environ 5 ans. J’étais en train de rentrer chez moi après une soirée quand je me suis rendue compte qu’il y avait deux mecs qui me suivaient. Enfin, je savais qu’il y avait deux mecs qui marchaient derrière moi. Pour être sûre, pour m’assurer qu’ils ne me suivaient pas, j’ai fait ce que beaucoup de personnes qui ne se sentent pas en sécurité dans la rue ont fait : j’ai sorti mon téléphone de ma poche, je me suis mise sur le côté, je me suis arrêtée pour qu’ils puissent me dépasser, en fait, et que ça me rassure. J’ai fait ça quelques mètres avant ma porte d’entrée, parce que je me disais quand même que s’ils me suivaient, il ne fallait pas qu’ils me suivent chez moi. Là, ça a été très vite : ils m’ont dépassés, ils m’ont dit « bonsoir », je leur ai répondu « bonsoir » et puis j’ai rangé peut-être trop rapidement mon téléphone dans ma poche et il y en a un des deux qui m’a attrapée par derrière. Ses gestes étaient extrêmement précis. Donc, c’est terrible à dire, mais je pense qu’il savait ce qu’il faisait. Parce qu’en une fraction de seconde, je me suis retrouvée agenouillée parterre, avec son genou dans le dos et sa main gauche sur la bouche qui me serrait aussi mon torse, ce qui fait que j’étais complètement immobilisée. Je me souviens très exactement de ce que je me suis dit. Je me suis dit, mais non, non, ce n’est pas en train d’arriver. Mon cerveau refusait juste d’y croire, parce que c’était trop improbable de se faire vraiment attraper de manière aussi cliché dans la rue. Voilà, on m’avait toujours dit que c’était impossible. Donc j’y croyais simplement pas. Très rapidement, mon agresseur a commencé à faire ce que, je pense, il voulait faire depuis le début, c’est-à-dire qu’il a glissé sa main dans le col de mon manteau, il l’a mis dans mon soutien-gorge et il a commencé à me presser le sein. Encore une fois, tout est très flou, donc je ne sais pas à quel moment ça a basculé. Mais à ce moment-là, ce que je peux vous dire, c’est que j’étais déjà plus dans mon corps. c’est-à-dire que je voyais la scène d’en haut, exactement comme si je planais au-dessus de la rue. Je la voyais. Je pense que mon cerveau générait ces images. Et donc, ce que je voyais, c’était moi, mais j’étais plus dans mon corps, à genoux, complètement inerte, comme un pantin, avec le mec qui faisait ce qu’il voulait.

« à ce moment-là, ce que je peux vous dire,
c’est que j’étais déjà plus dans mon corps
 »

(capture d’écran de la vidéo)

Donc voilà, ça se passe comme ça. J’ai pas de notion du temps. Je sais pas combien de temps ça dure. Mais à un moment donné, je sais que je commence à reprendre mes esprits, sûrement que mon cerveau s’est dit « bon ben c’est en train d’arriver, maintenant fais quelque chose ». Donc j’élabore une stratégie. Je me dis que je vais essayer avec mes mains d’enlever la main de l’agresseur de ma bouche pour le supplier, en espérant peut-être le convaincre que c’est pas très sympa, je sais pas. C’est un peu naïf, hein, mais dans ces moments-là, on fait ce qu’on peut et en plus, on est dans une rue déserte, donc on n’imagine pas une seconde qu’on puisse par exemple appeler à l’aide et que quelqu’un vienne. Et en fait, contre toute attente, exactement à ce moment-là, y a des voisins qui se sont mis à ouvrir leur fenêtre, qui ont crié sur les agresseurs qu’ils avaient appelé la police. Et y en a même qui sont sortis de chez eux, qui habitaient à l’entresol de mon immeuble, qui voyaient la scène par cette fenêtre, là, qui est au niveau du trottoir, qui sont sortis de chez eux et qui ont poursuivi les agresseurs. Et ça a pris fin à ce moment-là. Mais là, je sais que c’est pas le sujet, mais j’en place quand même une pour ma chance d’être tombée sur ces personnes-là, parce qu’on sait qu’il y a beaucoup d’agressions qui ont lieu en public et où personne n’intervient. Là, c’était dans une ruelle déserte et les gens se sont levés, ont ouvert leur fenêtre, sont sortis de chez eux pour intervenir. C’est incroyable. Et je sais pas où j’en serais et je sais pas ce qui me serait arrivé si ça ne c’était pas passé comme ça. D’autant plus que les personnes qui ont poursuivi l’agresseur m’ont ensuite un peu pris en charge pendant l’heure qui a suivi, le temps qu’un autre ami s’en occupe. Donc voilà, l’agression prend fin à ce moment-là. Je reprends mes esprits le plus vite possible, je me relève. Et là, quand je me relève et c’est un détail pas anodin, j’ai les mains dans les poches. C’est-à-dire que pendant tout le temps que ça a duré, j’ai gardé les mains dans les poches, je me suis pas débattue. La stratégie où je pensais commencer à enlever sa main, ça n’avait pas commencé, en fait. Et c’est vraiment pas anodin parce que c’est quelque chose qui va beaucoup me travailler ensuite. Je pensais pas être une ninja face à ce genre de situation, mais quand même, ne pas réagir à ce point-là, ça m’a beaucoup perturbée, ça m’a beaucoup culpabilisée. Et en fait, c’est le principe même de la sidération et c’est pour ça que beaucoup de victimes, aussi, culpabilisent, en plus du fait que certains les font culpabiliser. Mais elles culpabilisent elles-mêmes de pas avoir réagi. Les heures et les jours qui ont suivi, il a fallu que j’oublie quand même un peu l’expérience entre guillemets « paranormale » que je venais de vivre, parce que, à ce moment-là, on se concentre sur les faits et les gens veulent savoir ce qui est arrivé, particulièrement les policiers quand tu portes plainte où tu essayes d’être le plus précise possible. Moi, ça me tenait à cœur, en plus, de bien décrire ce qui s’était passé. Donc j’ai complètement omis le fait, qu’en fait j’étais même plus dans mon corps quand ça a eu lieu. Par ailleurs, à l’époque, je savais pas du tout ce qu’était la sidération. J’en avais jamais entendu parler. Donc ça me paraissait encore plus bizarre. C’est quelques mois plus tard, en lisant un roman, que j’ai découvert ce que c’était parce que l’un des personnages en avait été victime, en fait, lors d’un viol, et il racontait, donc là, j’ai su ce qui c’était passé. Et rien que le fait de le savoir, ça faisait beaucoup de bien. Ça efface pas tout, bien sûr, mais c’est quand même un soulagement, ça m’enlève un poids, une culpabilité. C’est aussi pour ça que je voulais en parler. (…). » (Marinette, 2016a)

La sidération : la victime est paralysée

La sidération traumatique est un processus psychique qui paralyse la personne confrontée à des violences, plus particulièrement aux violences sexuelles (effraction dans l’intime). Ces situations violentes déclenchent un sentiment d’effroi (peur de mourir) et un sentiment de non-sens absolu (confusion extrême), ce qui a pour conséquence d’affoler le cortex qui n’est alors plus en mesure d’assumer ses tâches habituelles d’analyse et de prise de décision. Dès cet instant, « L’activité corticale de la victime se paralyse, elle est en état de sidération. Le cortex sidéré est dans l’incapacité d’analyser la situation et d’y réagir de façon adaptée. » (Salmona, 2013, p. 75). Cette paralysie, cette panne du cortex (très visible sur des IRM) va paralyser la victime. Dès lors, elle ne sera plus capable de bouger, de parler, de crier, de réagir, de fuir le(s) agresseur(s). Elle est paralysée.

Cortex cérébral éteint (2ème IRM)

Source : Marinette – femmes et féminisme, 2016a

« Le cortex cérébral règne sur ce qu’on nomme les « fonctions nerveuses élaborées » et est regroupé en aires ayant des fonctions différentes notamment sensorielles, motrices et d’association. Le cortex cérébral participe à de nombreuses fonctions cognitives notamment entre autres, certains sens, le langage, les actions volontaires de la motricité et la mémoire. » (Santé Médecine – Journal des Femmes)

Cortex cérébral

Cortex préfrontal

L’inutile préparation à la fuite ou au combat

Dès le début d’une situation de violence, notre organisme va produire massivement des hormones de stress, afin de nous préparer à la fuite ou au combat. Il y aura par exemple une forte production d’adrénaline (sécrétée par les glandes surrénales) pour stimuler le système cardio-vasculaire et la respiration, ainsi qu’une forte production de cortisol (sécrétée par les glandes corticosurrénales) pour stimuler la production d’énergie. Cette surproduction d’hormones de stress va booster l’organisme et lui donner des capacités extraordinaires pour réagir face à une situation de danger (force musculaire, perceptions, etc.). Les personnes auront alors l’impression d’avoir des ailes lorsqu’elles courent pour s’enfuir, une force décuplée pour combattre et une rapidité d’action exceptionnelle. Une fois le danger passé, elles seront souvent stupéfaites par leurs prouesses et trembleront parfois de peur après coup en pensant à ce qui se serait passé si elles n’avaient pas eu de tels réflexes et de telles capacités.

« Cortisol : une hormone essentielle en cas de danger – Quand vous êtes face à une situation risquée, plusieurs hormones boostent votre organisme pour vous aider à surmonter le danger. La plus connue d’entre elles est l’adrénaline. Surnommée « l’hormone guerrière », elle mobilise toute votre énergie disponible et aiguise instantanément vos sens. Quant au cortisol, il est produit en masse quelques minutes après la poussée d’adrénaline. Ses effets sont moins perceptibles mais extrêmement importants. Il participe activement à la production d’énergie en transformant les réserves de graisse en sucres. Il dirige également cette énergie au bon endroit, comme dans les muscles de vos jambes si vous devez prendre la fuite ! Le cortisol contribue réellement à vous sauver la vie. » (Santé Médecine – Journal des Femmes)

Toutefois, dans un grand nombre de situations de violences, les victimes n’ont aucune possibilité de fuite ou de combat. Elles sont coincées par leur(s) agresseurs(s), piégées par eux, en raison d’une emprise (pédocriminalité, violence conjugale, par exemple) ou de l’environnement (lieu isolé, etc.) ou du contexte (inceste, travail, etc.).

La fuite ou la combat est également impossible, bien sûr, lorsque les victimes sont déjà en état de sidération, totalement paralysées par un cortex sidéré, paralysé. Or, c’est précisément le rôle du cortex de réguler la réaction au stress de l’organisme. Donc lorsque cette instance supérieure ne fonctionne plus, les hormones de stress vont affluer massivement, de façon incontrôlée en raison d’une hyper-activité de l’amygdale cérébrale (visible sur les IRM) qui crée un risque de survoltage (surchauffe de l’amygdale cérébrale). Ce survoltage présente un risque vital pour l’organisme : cardio-vasculaire (adrénaline) et neurologique (cortisol).

La dissociation : la victime se déconnecte de son propre corps

Le cerveau déclenche alors un processus de survie qui consiste à faire disjoncter le circuit cérébral responsable de la production des hormones de stress « en libérant des substances chimiques, de la morphine, de la kétamine, qui vont faire disjoncter le système d’alarme. L’amygdale est isolée, exactement comme un réacteur nucléaire fermé dans un coffrage. Résultat : la production d’hormones de stress est alors stoppée » (Allodocteurs, 2012). Cette disjonction va entraîner une anesthésie émotionnelle, une dissociation, des troubles de la mémoire (amnésie du traumatisme, partielle ou totale), ainsi que la création d’une mémoire traumatique qui va rester piégée dans l’amygdale cérébrale déconnectée, sans pouvoir se diriger normalement vers l’hippocampe pour être transformée en mémoire autobiographique. Cette mémoire traumatique renfermant la situation violente telle quelle, avec tout son déchaînement d’effroi, de chaos, de douleur, de non-sens, etc., est la source du stress post-traumatique qui risque de se développer à la sortie de l’événement traumatique.

Après la disjonction, la personne dissociée se retrouve dans un état d’irréalité, ne ressentant quasiment plus rien, avec perte de la notion du temps, du lieu, etc. et perception de la situation comme si cela ne la concernait pas, comme s’il s’agissait d’une situation vécue par quelqu’un d’autre. La dissociation propulse donc la personne hors d’elle-même (corps, émotions, sensations, etc.) et hors du temps, de l’espace (désorientation temporo-spatiale). Autrement dit, la personne n’est plus présente, même si son corps est toujours là et qu’elle n’est pas morte.

Les victimes de violences sont d’ailleurs presque toujours confrontées à la peur de mourir (effroi). A ce titre, il est intéressant de noter que le récit de décorporation (sortie de leur corps) que font certaines personnes qui ont vécu la dissociation peut comporter des ressemblances sur certains points avec des récits de décorporation de personnes ayant précisément frôlé la mort, par exemple celles ressortant du coma ou celles ayant vécu une expérience de NDE et EMI (Near-Death Experience ou expérience de mort imminente).

La sidération – Le Magazine de la Santé, France 5 (Allodocteurs, 2012)

L’émission Allodocteurs (Magazine de la Santé, France 5) a diffusé le 26 novembre 2012 un excellent sujet consacré à la sidération, avec des images de synthèse montrant très clairement ce qui se passe au niveau de l’amygdale cérébrale et de l’hippocampe au moment de la sidération et de la dissociation. Un petit bémol : ce sujet passe un peu vite sur le rôle du cortex dans la sidération. Il n’y a d’ailleurs aucune image de synthèse sur la panne du cortex (très visible sur des IRM). Or, c’est bien le cortex sidéré, le cortex paralysé qui est à l’origine de la sidération, de la paralysie de la victime.

Le Nouvel Obs a publié le 26 novembre 2012 un article sur cette émission contenant la vidéo à télécharger directement à partir de l’article.  (Nouvel Obs, 2012). Cette vidéo est aussi proposée en lecture sur une page intitulée « Viol : quelle prise en charge pour les victimes ? » (2ème sujet de la page) sur le site Allodocteurs (Allodocteurs, 2012).

Je retranscris intégralement ce remarquable sujet sur la sidération de Allodocteurs (vidéo téléchargeable sur article du Nouvel Obs), car les images de synthèse et les explications données sont d’une grande clarté et décrivent parfaitement le processus qui conduit à la surchauffe de l’amygdale cérébrale, à la disjonction du circuit responsable du stress, à la dissociation traumatique, à la création d’une mémoire traumatique et, finalement, au stress post-traumatique. L’ensemble du sujet s’appuie sur les travaux de Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie. Les images qui ponctuent la transcription sont des captures d’écran de la vidéo.

Titre du sujet : « Pourquoi parle-t-on de sidération lors d’un viol ? »

Marina Carrère d’Encausse : « Pourquoi parle-t-on de sidération et de stress post-traumatique après un viol ? C’est une question aujourd’hui en forme d’erratum pour repréciser ce que nous vous avions dit lors du Allodocteurs consacré au viol. On vous avait montré une animation qui permet de comprendre pourquoi, après une agression sexuelle, la violence du traumatisme ne s’arrête pas. Pourquoi, c’est une véritable torture qui touche l’intimité de la personne. Tout ça, on le sait aujourd’hui, grâce aux travaux d’une psychiatre, le Dr. Muriel Salmona. »

Michel Cymes : « Alors sur le plan cérébral, dès le début d’une agression, notre système d’alarme que vous allez voir, l’amygdale, qui est chargée de décoder les émotions et les stimuli de menace, va s’activer. Elle va déclencher une cascade de réactions pour préparer notre fuite. Elle provoque entre autre la production par les glandes surrénales, que vous allez voir en jaune au-dessus du rein, des hormones du stress, vous connaissez, l’adrénaline, le cortisol. Résultat : tout l’organisme est sous tension, le flux sanguin, le rythme cardiaque, la respiration s’accélèrent et les muscles sont contractés, prêts à amorcer la fuite. »

L’amygdale cérébrale s’active

Marina Carrère d’Encausse : « Quand une victime est immobilisée par un agresseur, très vite, c’est la surchauffe. L’amygdale cérébrale s’affole, les centres nerveux au niveau du cortex censés analyser et modérer les réactions sont comme dépassés par les signaux d’alerte. Et c’est la panique totale. L’amygdale surchauffe et donc la victime est en état de sidération, comme paralysée. Du coup, elle ne peut plus se défendre, ni crier, ni même plus réagir, elle est comme paralysée. La victime est dans un état de stress extrême, dépassé. Elle sent qu’elle va mourir. »

Michel Cymes : « Alors pour éviter que le survoltage de cette amygdale ne provoque un arrêt cardiaque, le cerveau, vous allez le voir, déclenche une sorte de court-circuit en libérant des substances chimiques, de la morphine, de la kétamine, qui vont faire disjoncter le système d’alarme. L’amygdale est isolée, exactement comme un réacteur nucléaire fermé dans un coffrage. Résultat : la production d’hormones de stress est alors stoppée. »

L’amygdale cérébrale libère des substances chimiques,
de la morphine, de la kétamine pour faire disjoncter le système d’alarme
(court-circuit)

L’amygdale est isolée (disjonction)

Marina Carrère d’Encausse : « La victime est comme coupée du monde, déconnectée de ses émotions, et pourtant la violence continue, mais elle ne ressent presque plus rien, ce qui lui donne un sentiment d’irréalité totale. C’est ça qu’on appelle la dissociation. D’ailleurs, les victimes le disent : à un moment donné, elles ont l’impression d’être spectatrices de l’événement. »

Michel Cymes : « Oui, c’est cette dissociation qui permet de rester en vie. Mais ce système de sauvegarde fait aussi des dégâts. Isolée, anesthésiée par des décharges permanentes de morphine et de kétamine, cette amygdale n’évacue pas le traumatisme du viol vers une autre structure que vous voyez clignoter, l’hippocampe. Cette structure, c’est notre système de mémorisation et d’analyse des souvenirs. Ce qui fait que le moment du viol va resté piégé, en l’état, dans l’amygdale. Et à chaque flashback, c’est le souvenir du viol qui n’a pas été traité par le cerveau que va revivre la victime. C’est un moment extrêmement violent. Et c’est ce qu’on appelle le stress post-traumatique. »

L’amygdale isolée et l’hippocampe

La sidération, par la Dre Muriel Salmona (2013)

Dans un article du 23 août 2013 intitulé «Une victime de viol qui ne se débat pas, ça ne veut pas dire qu’elle consent », Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, s’indigne de la façon dont la sidération traumatique est utilisée contre les victimes pour mettre en doute leur crédibilité. En plus de la description du processus de la sidération, elle décrit aussi la parfaite connaissance que les violeurs ont de ce mécanisme psychique paralysant et la manière dont ils l’utilisent à 2 niveaux : pour piéger leurs victimes, puis pour inverser la situation en justice (la victime devient la coupable). Cet article synthétise si bien l’ensemble de cette problématique que je le retransmets intégralement :

« À toutes celles et ceux qui sont encore tenté-e-s de dire, ou de se dire en leur for intérieur, quand on leur rapporte un viol : « pourquoi n’a-t-elle pas crié, ne s’est-elle pas débattue, n’a-t-elle pas fui ? », « moi, à sa place, jamais je ne me serais laissé faire ! » ; et si la victime est un homme : « comment est-ce possible ? », Beverly Donofrio leur répond dans son excellent article « J’ai été violée à 55 ans et je n’ai pas crié« , sur Slate.fr.

Pourquoi ces personnes ont-elles de fausses croyances aussi tenaces ? Au mieux, elles n’ont pas beaucoup d’imagination et sont très mal informées sur la sidération traumatique, et, au pire, elles adhèrent au déni de la réalité des viols et aux stéréotypes sexistes, en sont complices et projettent la culpabilité sur la victime.

Le minimum serait déjà qu’elles se représentent le risque encouru par la victime face à un violeur armé ou non qui menace sa vie, à un violeur dont la détermination criminelle et la haine en font un individu extrêmement dangereux (les victimes décrivent presque toutes un regard de tueur qui les a tétanisées), à un violeur qui les nie, les chosifie, les humilie et veut jouir de leur détresse.

Beverly Donofrio nous le rappelle, lors d’un braquage, d’un cambriolage, la première recommandation que l’on fait est de ne surtout rien tenter, de se soumettre et d’obéir en raison des risques graves encourus.

Faudrait-il, pour laver une victime de viol de tout soupçon de consentement et de complicité, qu’elle soit grièvement blessée ou morte ? Les stéréotypes catastrophiques ont la vie bien dure…

Ensuite, ces personnes pourraient réfléchir à ce qui se passe dans la tête du violeur plutôt que de se focaliser sur la victime et sur ce qu’elle a fait ou n’a pas fait. Elles pourraient se rendre compte qu’il s’agit d’un prédateur qui, très rarement, agit de façon impulsive, mais qui, tel un chasseur, prémédite, organise sa traque, affûte ses stratégies et attend son heure.

Un état de sidération qui paralyse la victime

Les scénarios qu’il imagine font déjà partie de sa jouissance perverse. Et dans ses stratégies, il va élaborer des plans pour pouvoir commettre son crime dans les meilleures conditions, et faire en sorte que la victime ne puisse pas crier, ni se débattre ou fuir, et que personne ne puisse venir la secourir.

S’il connaît la victime (ce qui est le cas dans près de 80% des viols), il va organiser son impunité en lui imposant le silence, en la manipulant, en l’embrouillant, en faisant en sorte de créer chez elle des doutes et un sentiment de culpabilité et de honte.

Et contrairement au commun des mortels, et malheureusement de bien des professionnels censés prendre en charge les victimes, il [le violeur] sait très bien ce qu’est un état de sidération, qui paralyse la victime, car c’est ce qu’il cherche avant tout à mettre en place avec des stratégies très efficaces.

Ce serait donc la moindre des choses que tout le monde s’informe sur les conséquences et les mécanismes psychotraumatiques des violences, qui sont parfaitement connues et décrites depuis plus de 30 ans, et que tous les professionnels au contact des victimes soient formés à ces connaissances !

À commencer par le mécanisme de sidération qui paralyse l’activité corticale de la victime de viol et l’empêche de réagir. Cela éviterait pour les victimes beaucoup de questions injustifiées, empreintes des pires soupçons.

Une effraction qui balaie les représentations mentales

Le viol crée une effraction psychique et balaie toutes les représentations mentales, toutes les certitudes, le cortex se retrouve alors en panne (nous verrons que cette panne est visible sur les IRM). Il est dans l’incapacité d’analyser la situation et d’y réagir de façon adaptée. La victime est comme pétrifiée, elle ne peut pas crier, ni parler, ni organiser de façon rationnelle sa défense.

Pour sidérer une victime, il faut :

– soit la terroriser par la soudaineté et la brutalité de l’agression, la réduire à l’impuissance par des menaces de mort, par des violences physiques et par une volonté de destruction inexorable ;

– soit la paralyser par le non-sens, le caractère incongru, incompréhensible, impensable de l’agression et de sa mise en scène, qui est alors impossible à intégrer, comme dans les situations de viols incestueux et de viols commis par des personnes dans le cadre de leurs fonctions de responsabilité et d’autorité (comme des professeurs, des entraîneurs, des éducateurs, des responsables religieux, des soignants, etc.) pour les enfants et les adolescents (qui représentent, ne l’oublions pas, plus de la moitié des 150.000 des victimes de viol par an en France), ou pour les adultes dans le cadre de relations de confiance, de responsabilité, où la sécurité devrait normalement être assurée (amis, conjoint, médecins, kinés, collègues de travail, employeurs, policiers, etc.).

Les violences les plus sidérantes sont celles qui sont les plus « insensées », celles qui n’ont aucun sens par rapport au contexte, aucun sens par rapport à la victime, par rapport à son histoire, à ce qu’elle a fait ou pas, à ce qu’elle a dit ou pas. Le viol en fait partie. Cette violence impensable ne concerne pas la victime, c’est une violence qui vient d’une autre scène, celle de l’agresseur !

Ce dernier impose à la victime de jouer de force un rôle qui n’est pas le sien, dans un scénario inconnu d’elle, imprévisible, qui n’appartient qu’à l’agresseur et qu’il met en scène pour son propre compte.

Des troubles de la mémoire importants

Une patiente, violée par un inconnu entré par effraction avec une hache dans sa chambre d’hôtel, me rapportait qu’au bout de quelques minutes, alors qu’elle commençait à sortir de son état de sidération et cherchait autour d’elle un objet pour tenter d’assommer l’agresseur, celui-ci s’en était rendu compte, et il lui avait suffi de lui murmurer « je t’aime » et « tu aimes ça, hein ? » pour qu’elle retombe dans son état de sidération.

De plus, tant que le cortex est en panne, il ne peut pas contrôler la réponse émotionnelle, celle-ci continue alors de monter en puissance, l’organisme se retrouve rapidement en état de stress extrême avec des sécrétions de plus en plus importantes d’hormones de stress, adrénaline et cortisol qui deviennent rapidement toxiques pour le système cardio-vasculaire et le cerveau et représentent un risque vital pour l’organisme.

Pour y échapper, le cerveau (comme lors d’un survoltage dans un circuit électrique) va faire disjoncter le circuit responsable du stress, ce qui va avoir pour effet d’éteindre la réponse émotionnelle, mais aussi de déconnecter les fibres qui informent le cortex des émotions, entraînant une anesthésie émotionnelle et une dissociation (c’est-à-dire état de conscience altérée, un sentiment d’irréalité et d’être spectateur de la scène), et de déconnecter les fibres qui permettent la transformation de la mémoire émotionnelle non consciente en mémoire consciente autobiographique.

Cela va entraîner des troubles de la mémoire : amnésie partielle ou complète du traumatisme et mémoire traumatique, mémoire émotionnelle qui reste piégée, hypersensible, immuable, l’intensité des affects restant intacte, et qui peut « s’allumer » lors de situations, d’affects, de sensations sensorielles rappelant l’événement traumatique, envahissant alors la conscience et faisant de façon incontrôlable revivre à l’identique le viol avec la même détresse, les mêmes angoisses et entraînant la même sidération, le même survoltage et le même risque vital.

Un état de stress post-traumatique

Des expériences effectuées par des scientifiques américains [1] ont permis de mettre en évidence cette paralysie corticale sur des IRM encéphaliques fonctionnelles qu’ils ont faites à chaque fois à deux personnes, une qui a subi de graves violences et qui présente un état de stress post-traumatique, et une autre qui n’a pas subi de violence, ces IRM fonctionnelles permettent de visualiser les zones du cerveau qui s’activent.

Lors de l’examen, les chercheurs font écouter simultanément aux deux personnes un enregistrement avec d’abord un récit neutre, puis soudain un récit de violences extrêmes. Ce récit violent entraîne chez les deux personnes une réponse émotionnelle.

Chez la personne qui n’a pas de troubles psychotraumatiques, on voit sur l’IRM de nombreuses zones corticales s’activer pour répondre au stress déclenché par le récit ce qui permet d’analyser la situation (il ne s’agit que d’un récit) et de moduler et d’éteindre la réponse émotionnelle, la personne développe un discours intérieur qui lui permet de se calmer, et elle peut décider de se plaindre à la fin de l’examen.

En revanche, sur l’IRM de la personne traumatisée, lors du récit des violences on constate une absence d’activité des zones corticales concernant les prises de décision (le cortex frontal ne se colore pas) et une hyperactivation de la zone émotionnelle (amygdale cérébrale), la personne est sidérée, elle ne va pas pouvoir calmer la réponse émotionnelle que le récit a enclenchée.

Une sidération recherchée par l’agresseur

Cette sidération recherchée par l’agresseur est donc à l’origine de tous les troubles psychotraumatiques, en particulier une dissociation et une mémoire traumatique qu’il sera essentiel de traiter.

La dissociation qui anesthésie et déconnecte la victime, l’empêche d’avoir accès à ses émotions et permet à l’agresseur d’assurer encore plus son contrôle et son emprise et de lui imposer facilement son scénario culpabilisant (c’est de ta faute, tu m’as cherché, tu mérites ce que j’ai fait, tu aimes ça…) ou mystificateur (c’est parce que je t’aime, c’est normal, ce n’est pas grave…).

Il peut même parvenir à lui faire jouer un rôle, lui imposer des comportements qui seront ensuite autant de sources de culpabilisation et de honte pour elle, et d’éléments qui pourront lui être ensuite reprochés.

Le fait de n’avoir pas pu réagir, le sentiment d’irréalité, les troubles de la mémoire aggravent les doutes qui submergent la victime et l’empêchent de dénoncer le crime, de revendiquer ses droits (c’est grave, il n’avait pas le droit de me faire ça) et de se reconnaître comme victime. » (Salmona, 2013b)

Bibliographie

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